Exposition Société des Poètes français «  Espace Mompezat »

Du 05 au 18 Mai 2018.


Annie Berthet – sculpteur – et Jean-François Motte – peintre –
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Jean-François Motte – peintre –


A l’origine notre ami était photographe et travaillait en laboratoire pour les tirages, développements, enfin toutes les techniques propres à l’argentique.

Puis peu à peu avec la vulgarisation de l’art photographique, Jean-François Motte se tourna vers le dessin, la peinture figurative dont aujourd’hui, si nous nous référons aux œuvres en cimaises, il ne reste que peu de traces, puisque désormais nous touchons pratiquement au minimalisme.

La linogravure le passionna également.

Mais au terme de quelques temps d’expression traditionnelle, il va basculer vers l’abstraction où il retrouve un équilibre, un langage pictural infini qui répond mieux à ses attentes. La transition n’est pas évidente, l’abstraction demande d’être méritée.

Pas à pas Jean-François Motte va purifier sa ligne, ses volumes pour s’orienter vers ce qu’il pense être essentiel.

Cette peinture de l’épuration aux résonances que nous pourrions rapprocher du « zen » sont l’aboutissement d’une suite successive de thèmes variés, nous avons ici un exemple très significatif avec ce « quadrige » des quatre saisons.

Mais ce n’est pas tout, car Jean-François Motte souhaite restituer un air de liberté à ses œuvres ou tout du moins s’en rapprocher selon son concept.

Permettre d’ouvrir le regard ou de le transformer, de le laisser en errance face à tout un imaginaire possible et non convenu. S’ouvrir !

Notre artiste souhaite restituer un espace de vision sans que rien ne puisse s’imposer au regard. L’œil ne doit pas subir une logique imposée ni aucune contrainte, il lui faut errer à sa convenance.

Jean-François Motte pratique la théorie du libre regard.

Libre à juste titre, puisque ses œuvres ne respectent aucun sens de vision et sont conçues pour être visualisées sur les quatre faces.

Jean-François Motte fait mieux que Georg Baselitz, le célèbre peintre allemand qui lui, ne met que ses tableaux à l’envers.

Notre ami travaille des séries temporelles comme les quatre saisons qui nous repositionnent dans le rythme du temps. Sorte de basculement entre le passé et le présent.

La matière ici a aussi sa fonction au niveau vibratoire, Jean-François Motte traite la toile par succession de couches, de nuances, il recouvre, gratte, craquelle, ponce et revient maintes fois sur son sujet jusqu’à obtenir une sorte de laquage.

Par cette gestuelle picturale, il aspire apporter la paix au regard, sorte de sérénité jouant sur ce que j’appellerais la poésie du silence, avec avant tout la nécessité d’un contact simple avec l’observateur.

Oui, il faut laisser au visiteur ou amateur d’art la possibilité de se familiariser avec l’œuvre, permettre également une interprétation totalement libre, sans contraintes.

Avant tout par une certaine forme d’abstraction, l’œuvre doit se faire libre de toutes interprétations possibles.

Volumes minimums, formes épurées et transformées sous les effets sensibles de la lumière.

Toutes les œuvres présentées sur nos cimaises sont très récentes.

Vous ne trouverez pas de titre non plus, tout simplement par refus d’influence, car un titre oriente la pensée et provoque en nous une image, une vision.

Donc ici pas de message, pas d’orientation ni intellectualisation, la pensée doit demeurer libre comme le disait Arthur Rimbaud : « Une liberté libre »

Tout ici est libre pensée dans un système surchargé d’images, de fausses influences et de sournoises manipulations.

Jean-François Motte nous laisse libre d’aimer ou pas.

Voici une œuvre bien singulière construite hors du temps sur une note d’éternité.

Rêve intemporel qui nous porte à croire qu’il nous reste encore un peu de temps pour courir après nos illusions.
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Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Poeta Honoris Causa.